STMicroelectronics : positionnement et mobilisation des ressources afin de rester un leader pour l’Europe.

Publié le 05/10/2015 à 13H28
L'industrie du semi-conducteur est un secteur clé pour l’indépendance stratégique de l’Europe, et plus particulièrement dans les domaines des télécommunications, de la Défense, le spatial et l’aéronautique. On peut aisément imaginer que sans maitriser la matière première de ces technologies, nos entreprises en pointe dans ces secteurs ne seront plus en mesure à terme de maitriser l'opérabilité des matériels, et par voie de conséquence, ne plus garantir notre indépendance dans ces domaines.

Sur un marché en croissance de 9,2 % en 2014, avec une perspective de croissance similaire pour 2015, nous considérons que l’Europe ne peut pas abandonner ce secteur aux seuls acteurs asiatiques et américains. Dans notre environnement, les fusions acquisitions des plus grandes compagnies s'emballent depuis janvier 2015 (NXP/Freescale, Avago/Broadcom, Intel/Altera, ATMEL/Dialog Semiconductor). Depuis 2010, les transactions représentent un total de 62 Mds$ et le montant est de 76 Mds $ pour premier trimestre 2015.

STMicroelectronics est un exemple en matière de coopération entre états européens. La compagnie est détenue à hauteur de 28% par des fonds stratégiques français et Italiens. Nous alertons de nouveau les pouvoirs publics, l’entreprise ne doit pas se limiter à des stratégies court-termistes avec pour seule finalité, maintenir ou augmenter les résultats boursiers. STMicroelectronics est aujourd’hui en perte de vitesse sur le marché des décodeurs numériques. Le top management s’apprête à couper la branche et abandonner une partie de son savoir-faire mondialement reconnu. La CFDT prône un redéploiement des ressources, un repositionnement sur les marchés stratégiques, mais aussi sur les nouveaux marchés de masse comme le médical, l’énergie, l’automobile, le wearable (confort personnel, sport…) La compagnie doit utiliser les caractéristiques de fiabilité de sa technologie FDSOI pour prendre position sur ces marchés.

Face à la situation, la CFDT s’engage et s'inscrit dans une action internationale à travers l'union des syndicats européens « IndustriAll Europe ». Aussi, nous avons décidé de lancer une expertise via le cabinet « Syndex » en vue de porter à la commission européenne une vision « offensive » d'une politique industrielle commune dans le secteur d'activité du semi-conducteur. Nous agissons pour que l’Europe et les gouvernements nationaux impulsent une coopération entre les grands groupes européens. Il est crucial pour l'avenir industriel de favoriser le développement des nouvelles technologies et créer ou consolider des partenariats entre nos industries. Notre rôle syndical est de veiller au développement d’une politique industrielle cohérente et de favoriser l’innovation technologique. En France, nous devons pérenniser les investissements, c’est une garantie pour nos emplois de demain. STMicro peut essaimer localement, développer une stratégie agile et favoriser les start-ups innovantes, par exemple ce qui concerne l’internet des objets (IoT).

En conclusion, la CFDT prône un repositionnement de STMicroelectronics sur les marchés, l’arrêt temporaire des dividendes afin de permettre un réinvestissement rapide et massif, un changement du mode de gouvernance et de pilotage de l’innovation. L’enjeu est de réussir la mise en œuvre d’usines dites intelligentes, capables d’une plus grande adaptabilité dans la production et d’une allocation plus efficace des ressources. De nouveaux marchés d’avenir émergent. Ils se caractérisent déjà par l’impression 3D, la fabrication additive, la robotique et la cobotique, la domotique et l’internet des objets, les capteurs, le pilotage à distance, la maintenance prédictive ou le cloud computing.

STMicro doit prendre le virage et proposer des solutions à ces nouveaux segments afin de rester un leader de la HIGH TECH.