La revendication CFDT dans "l'économie numérique".

Publié le 10/04/2017 à 13H33
La structure organisationnelle de la CFDT conduit au traitement des questions sociales dans une fédération dédiée. Les objectifs fixés nationalement sont donc déclinés localement. Si l'on s'intéresse à la branche "transports", on pense immédiatement aux "travailleurs" de chez UBER. Je mets "travailleur" parce que leur statut n'est pas clairement identifié. Il est possible d'y associer les chauffeurs VTC.

Première approche syndicale, le refus de la CFDT de s'engager dans une démarche corporatiste. Si, effectivement, les intérêts propres doivent être examinés et pris en compte, ils doivent s'inscrire dans une vision globale du métier et de la filière. 
Traduction concrète : à quoi sert de défendre à tout crin une profession qui risque de disparaître très vite avec le concept de véhicule autonome ? Nous préférons une approche de type filière pour penser déjà à ce que pourraient devenir demain les ex-UBER d'autant que les choses vont très vite. L'humain reste pour la CFDT la meilleur valeur ajoutée que l'on puisse apporter à un produit ou un service. Si nous ne travaillons pas ainsi, alors bien sûr ne reste que le syndicalisme de confrontation.
Toutes les grosses entreprises fonctionnant sur le principe de plateformes, souvent elles-mêmes ex "start-up", sont des résultantes de l'équation économie collaborative plus réseaux sociaux associés au digital. C'est important de s'en souvenir. 
Pour nous syndicalistes, il s'agit d'intégrer la notion de "nouvel emploi" associée à celle de nouveaux droits puisque nous partons quasiment de zéro.
Il faut donc revendiquer aussi l'encadrement des ces professions et leur régulation non pour en faire des machines trop lourdes à gérer mais pour permettre l'exercice de la libre concurrence. Ce processus doit éviter l'émergence de multinationales dominatrices à outrance et qui s'accapareraient la valeur ajoutée de la mobilité au détriment de nos recettes fiscales, de notre protection sociale collective.  
Donc une revendication globale : la formation, il faut d'ores et déjà penser au changement et à l'évolution du métier. Cela suppose au préalable sa reconnaissance à tous les strates de la société pouvoirs publics compris. 
Pour l'exercer, il faut s'interroger sur sa rentabilité afin de donner aux chauffeurs la possibilité d'en vivre de la même manière que l'on soit une femme ou un homme et donc de leur assurer une activité suffisante pour cela. Puis il s'agit d'éviter une exclusion sociale liée à de trop faibles prix.
Du coup l'activité génère des conditions de travail qu'il faut rendre compatibles avec la sécurité et l'ordonnancement d'une vie. Enfin, pour éviter toute insécurité, il faut octroyer à ces travailleurs une protection sociale d'un niveau suffisant et non minimal. Ces revendications s'appuient également sur le volet "responsabilité sociale des entreprises" (RSE) des structures concernées. Une partie du procès en cours aux Etats Unis et qui oppose UBER à ses chauffeurs inclut cet aspect qui ne doit pas être qu'un instrument de communication. Mais cela nous oblige aussi à nous insérer dans le dispositif RSE comme une des parties prenantes ce qui nous conduit à nouer des liens avec des associations ou groupements tiers (consommateurs-utilisateurs, développement durable...) ce qui reste très difficile à réaliser localement sur le terrain parce que cela bouleverse complètement le travail syndical et remet en question des pratiques héritées du passé.
Je vous ai présenté l'étage supérieur mais trois points très concrets au sens du quotidien sont également visés par la CFDT :

- le problème du stationnement dans les aéroports (ou dans tout autre lieu pouvant nécessiter un ramassage de public, gares, sites touristiques...)
- la question de la "course" : quelle définition ? quelles bornes ? quelle rémunération ?
- la question des véhicules et de leurs caractéristiques qui relève entre autres d'un arrêté du 26/03/2015.