La Cfdt Paca en marche pour travailler sur la prévention de la pénibilité.

Publié le 22/03/2016 à 10H04
‘La position de la Cfdt c’est que maintenant il faut se mettre en marche’ s’est exprimé Frédéric Pelleing, secrétaire général de l’union départementale du Vaucluse le vendredi 18 mars à l’Université d’Avignon, lors d’une journée d’études sur la pénibilité au travail devant un amphithéâtre bondé, dont une quinzaine de militants Cfdt.

Les nouvelles dispositions en matière de pénibilité au travail, issues de la loi du 20 janvier 2014 sur les retraites, sont entrées en vigueur au 1er janvier 2016. Les 10 facteurs de pénibilité sont retenus dans le Compte Personnel de Prévention de la Pénibilité (C3P) : les manutentions, les charges lourdes, les postures pénibles, les vibrations mécaniques, les agents chimiques dangereux, le travail en milieu hyperbare, les températures extrêmes, le bruit, le travail de nuit, le travail posé et les gestes répétitifs sous cadence imposée. Les objectifs sont multiples : permettre aux salariés exposés à des conditions de travail pénibles d'accéder à d'autres postes grâce à la formation, réduire leur temps de travail à salaire égal, inciter les entreprises à diminuer au maximum l'exposition à des situations de pénibilité et enfin autoriser ces salariés de partir à la retraite de façon anticipée. Seuls 4 facteurs sont évalués depuis 2015 : le travail répétitif, en milieu hyperbare, en équipes successives alternantes ou de nuit. Les 6 autres facteurs seront applicables dès le 1er juillet 2016.

Force est de constater que le CP3 a du mal à se mettre en place, pour le patronat ‘c’est une usine à gaz’ a témoigné Tomas Redondo, secrétaire général de l’UIMM Vaucluse, ‘2010, 2014, 2015 - 3 lois, 10 décrets, 8 arrêtés, ce travail n’a été ni évalué ni calibré, pour notre centrale nous avons demandé un moratoire.

Frédéric l’a rappelé à plusieurs reprises, face aux avocats et juristes intervenus lors de cette rencontre, ‘n’étant juriste de formation, je n’aborderais pas ce sujet sous le prisme du droit, si on attend d’avoir un texte trop parfait pour engager une action on engage jamais rien. C’est le gros problème en France, on attend toujours … parce qu’il risque d’y avoir une modification par ci, une par là, il est urgent de ne rien faire, ce n’est pas la position de la Cfdt Paca.

Celle-ci est très claire, impliquer les instances représentatives du personnel, notamment le Chsct et travailler sur la prévention en formant les salariés. ‘Prenons l’exemple d’un jeune salarié de 20 ans maniant le marteau piqueur, à cet âge, il ne ressent pas les vibrations, il en jeune, fort, ce qu’il voit c’est la prime, mais 20 ans plus tard ce même salarié il ne voit plus la prime il voit les vibrations. Ce salarié il doit rester le moins possible sur ce poste de travail, il faut qu’il puisse changer de métier, monter en compétences, d’où l’importance de la formation, et là on sera dans la prévention, préconise Frédéric. L’association de formation de la Cfdt Paca réalise un gros travail de sensibilisation auprès de ces représentants du personnel, ce dispositif est intégré dans les dossiers de formation et des réunions d’informations sont planifiées pour toutes les équipes car ‘c’est l’affaire de tous’ dixit Frédéric.

La Cfdt est tout à fait conscience que tout ne sera pas parfait à la date du 1er juillet 2016, certains partenaires sociaux ont pris du retard. ‘L’état des lieux est difficile’ comme l’a rappelé Muriel Gautier, responsable du Pôle Travail à la Direccte Paca. ‘On se heurte à des freins psychologiques’ rappelle Fréd ‘certaines professions comme la menuiserie, à une certaine époque, un doigt en moins, cela ne choquait personne. Je fais le parallèle avec la sécurité routière : la mise en place du port de la ceinture de sécurité, dans les années 70, il y a eu énormément de résistance.

Il faut être à l’écoute des salariés, ces mesures de prévention ne doivent pas devenir une contrainte, ni une pénalité pour les salariés dans le cadre de leur travail. ‘Il est temps de passer à l’action, cela passe par une méthode, la méthode c’est quoi un état des lieux, la suite logique un diagnostic et les actions seront ensuite à planifier dans le temps.’ conclu Frédéric.

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