Filière automobile : La RSE doit désormais être un mode de gouvernance

Publié le 07/10/2015 à 14H28
Le scandale qui touche le premier constructeur mondial interpelle toute la filière automobile européenne quant aux respects des normes de rejets de polluants ou de gaz à effet de serre. Même quand il n’y a pas tricherie, des écarts conséquents sont constatés entre les rejets réels et ceux mesurés lors des tests d’homologation. Face à un problème de concurrence déloyale, avec à la clef des milliers d’emplois menacés, nous demandons que la filière exprime clairement son point de vue.

Dans le cadre de la redéfinition des seuils de CO2 post 2025 pour l’automobile en Europe, transparaît une convergence de vue inquiétante entre les industriels pour retarder, voire amoindrir les nouveaux objectifs de baisse des rejets. Le respect de ces futures normes, et le passage aux nouveaux cycles de test WLPT et RDE en 2017, doivent se décliner au bénéfice des usagers, des entreprises et finalement des salariés. Fort de ses succès, la filière française se doit de persévérer dans l’efficience énergétique. Pour cela, il faut plus d’investissements en R&D ainsi que dans l’adaptation des outils de production, sans oublier la formation des salariés aux nouvelles technologies : propulsion électrique et hybride, allégement des véhicules et véhicule autonome.

Pour avoir un impact réel et immédiat sur une baisse des rejets CO2 — mais aussi des rejets de particules polluantes — il est tout aussi important de retirer du parc automobile roulant les véhicules les plus polluants. Cela nécessite une intervention de l’UE et des États au travers d’une règlementation accompagnée d’un soutien financier, notamment pour les usagers les moins aisés.

Début 2015, l’enquête nationale sur la qualité des relations entre clients et fournisseurs lancée par la Plateforme automobile affirmait qu’« une des clefs pour assurer sa mutation collective est d’engager des relations client – fournisseur qualitatives, durables et mutuellement bénéfiques ». Le souci de conserver un tissu de proximité efficient reviendrait-il en force ? Hélas, de nombreux exemples d’accords de compétitivité conclus sous la pression des acheteurs, de PSE, voire de fermetures d’usines, principalement chez les fournisseurs, nous montrent qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire.

Aux acteurs, et en premier lieu aux constructeurs et grands donneurs d’ordre, de faire évoluer leurs pratiques en étant plus solidaires, plus innovants et plus transparents. Constatant que la démarche de Responsabilité Sociétale des Entreprises devient exclusivement un outil de communication, la FGMM-CFDT souhaite qu’elle s’inscrive comme un mode de gouvernance à part entière et y voit un moyen de renouveler le dialogue social.